(Ci-dessous un avis de Philippe-Michel sur les projets de LGV dans notre région. La discussion sur ce sujet est dans le champ de Rail Gascogne : on ne peut parler de l'avenir des petites lignes sans considérer les grandes ! Les différents avis exprimés dans cette nouvelle catégorie "LGV ?" (vous avez bien lu : "LGV + point d'interrogation") pourront être contradictoires, et le collectif "Rail Gascogne" n'a pas défini de position commune.
Tederic)

Après un examen sérieux de la carte LGV, je suis plutôt hostile à cette réalisation pour une raison majeure : cela ne me parait pas vraiment nécessaire pour le moment.

Il s'agit d'un investissement qui me semble considérable pour un obtenir avantage mineur. Ces travaux vont d'une part abîmer le paysage qui est déjà zébré de routes, autoroutes, lignes SNCF, le canal..., mais surtout je crains que cette tranchée va bouleverser bien des vies des habitants quoi que fassent les aménageurs vu la densité de la population; et tout cela pour quel bénéfice?, gagner une heure trente de voyage sur un trajet Paris - Toulouse ; de toutes façons aucun train n'ira jamais plus vite que l'avion et les aéroports sont maintenant bien desservis.

Quoiqu'il en soit, si on construit cette LGV, je ne comprends pourquoi on prévoit encore une ligne ferrée en suivant la vallée de la Garonne à partir de Damazan, déjà trop encombrée. Personnellement, j'imagine plutôt une ligne bien plus courte qui ferait donc gagner du temps en coupant par le Gers et les landes : depuis Toulouse, droit au Nord-Ouest passant entre Lectoure et Fleurance, puis en évitant Condom, passer au sud de Houeillès et rejoindre la ligne LGV Paris - Bayonne sans doute plus au sud.

Avantage : plus court, plus droit, évite plus facilement les villages, le secteur, bien que dense, est moins peuplé. Inconvénient : Agen et Montauban ne sont pas desservis, mais est-ce vraiment grave ?, si le train s'arrête trop souvent la vitesse horaire diminue d'autant, les voyageurs prennent la correspondance LGV à Bordeaux par un corail rapide.

Pour moi, je ferais une ligne LGV jusqu'à Bordeaux et jusqu'à son embranchement en deux dans les landes, ensuite la ligne normale par Agen et Montauban, et à la rigueur la LGV jusqu'à Bayonne seulement. Je sais en effet que les Basques ne veulent pas du prolongement LGV le long de la côte qui est déjà surencombrée de réseaux. Ils craignent le pire, ce n'est pas le moment de les exciter ! Il en sera de même en val de Garonne.

Enfin, le plus souvent, je ferais une emprise sur une voie avec une double voie tous les cent kilomètres pendant cinq kilomètres, moins on prend de terrains meilleur c'est.
La voie ferrée unique de nos Anciens avec une double voie tous les'' x '' kilomètres, que de place gagnée ! ils avaient de bonnes idées quand même.

De toutes façons reste le problème du financement, or les collectivités n'en peuvent plus, ayant déjà participé au financement de l'autoroute et l'État est devenu pauvre ! Reste l'Europe... Les Régions vont financer en partie la ligne Bordeaux Paris mais plus loin ce n'est pas évident; pour de nombreux Politiques aussi, il y a d'autres priorités.

Ph Rançon - 29 aout 2010