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EDITO DU JOUR
16 MAI 2012 PAR GILLES DANSART

Gouvernement Ayrault: les transports maltraités

Les transports ont presque disparu corps et biens du premier gouvernement
Ayrault. Aucun ministre de plein exercice n’a les transports dans l’énoncé de
son périmètre officiel. On déduit du titre de Frédéric Cuvillier, ministre
délégué chargé des transports et de l’économie maritime auprès de Nicole Bricq,
que les transports restent attachés à l’écologie, au développement durable et à
l’énergie, les fonctions attribuées à la sénatrice socialiste.

Deuxième désillusion pour le secteur, ni la ministre ni le ministre délégué ne
sont de vrais spécialistes de la mobilité et des transports, même si Nicole
Bricq est connue pour ses grandes compétences en matière économique, sa grande
rigueur et sa fermeté de caractère. Mais l’ampleur de ses affectations ne
devrait pas lui permettre de privilégier les transports, qui, insistons-le, ne
font même pas partie de ses attributions formelles. Frédéric Cuvillier est promu
sur l’économie maritime parce qu’il est député-maire de Boulogne-sur-Mer, pas
pour sa connaissance du transport.

C’est la fin brutale du rêve d’une poursuite de la réhabilitation du domaine des
transports : ni grand ministère des territoires et de la mobilité, ni ministère
de plein exercice. La négligence avec laquelle le staff de François Hollande a
considéré les transports pendant la campagne se confirme donc. Et s’il fallait
en rajouter dans la confusion, nulle trace du Grand Paris : est-ce Cécile
Duflot, en charge des collectivités, qui en héritera ? Ou bien François Lamy,
ministre de la Ville ?

Alors que les défis s’annoncent nombreux pour le secteur des transports
(gouvernance du système ferroviaire, libéralisation européenne, financement du
transport public etc), l’annonce de ce nouveau gouvernement n’est pas une bonne
nouvelle pour ceux qui rêvaient de faire de la mobilité un nouvel axe du
développement des territoires. Tout juste peut-on espérer que Nicole Bricq aura
le temps de prendre en charge résolument ce dossier, pour que les entreprises et
les collectivités ne restent pas encore en panne des arbitrages indispensables
au développement d’une mobilité plus efficace.